vendredi 30 avril 2010

Le conflit femme mère de E. Badinter

<< Dans une civilisation où le "moi d'abord" est érigé en principe, la maternité est un défi, voire une contradiction. Ce qui est légitime pour une femme non-mère ne l'est plus quand l'enfant paraît. Le souci de soi doit céder la place à l'oubli de soi et au "je veux tout" succède le "je lui dois tout". Dès lors que l'on choisit de mettre un enfant au monde pour son plaisir, on parle moins de don que de dette. Du don de la vie de jadis, on est passé à une dette infinie à l'égard de celui que ni Dieu ni la nature ne nous impose plus et qui saura bien vous rappeler un jour qu'il n'a pas demandé à naître...
Plus on est libre de ses décisions, plus on a de responsabilités et de devoirs.
>>

<< Il n'y a pas deux façons de vivre sa maternité, mais une infinité, qui interdit de parler d'un instinct fondé sur le déterminisme biologique. Celui-ci dépend étroitement de l'histoire personnelle et culturelle de chaque femme. Si nul ne nie l'intrication entre nature et culture, ni l'existence des hormones du maternage, l'impossibilité de définir un comportement maternel propre à l'espère humaine affaiblit la notion d'instinct et, avec elle, celle de "nature" féminine. L'environnement, les pressions sociales, l'itinéraire psychologique semblent toujours peser plus lourd que la faible voix de "notre mère nature". >>

Lire un résumé des points traités dans le livre, etc.

Quand le siège est baissé...



Les années 70 et la publicité.

La femme est un objet qui se range bien. Maintenant, c'est bien mieux. On fait directement appel à la puissance du moteur et à la virilité des conducteurs...

jeudi 29 avril 2010

Métro Montréal en l'an 2010



On trouve cette publicité en grand format dans beaucoup de stations. Une publicité sur l'environnement faite par le gouvernement et à l'attention de tous les citoyens.

Je trouvais leur façon de représenter synthétiquement notre société particulièrement significative....

Sur la prostitution, une autre voix

Prostitution, hypocrisie et lobbying, par Patric Jean

LEMONDE.FR | 20.03.10 | 12h41  •  Mis à jour le 20.03.10 | 12h42
Périodiquement ressurgit le débat sur la prostitution. Conférences, émissions, soirées thématiques, et un film documentaire prenant le parti de la légalisation de ce qu'ils appellent le plus vieux "métier" du monde.

La majorité des personnes prostituées sont plutôt issues de milieux défavorisés, et beaucoup ont connu un parcours semé de violences et de maltraitances de tous ordres. On connaît l'importance des trafics mafieux de la prostitution forcée. Et d'une certaine manière, tout le monde aujourd'hui semble d'accord sur ces points.


Pour le reste, deux camps se font face.
Celui de l'économie du proxénétisme tente d'influencer le monde politique pour rendre légal le commerce de la prostitution. Comme en Suisse, en Espagne, aux Pays-bas ou en Allemagne, des "supermarchés" pourraient avoir pignon sur rue et offrir aux clients des femmes à louer pour quelques instants. Elles seraient uniquement des "volontaires", employées légalement et traitées comme telles. Le proxénète est, dans ce cas, un chef d'entreprise.

Face à cela, des associations "abolitionnistes" se mobilisent, non contre les personnes prostituées (elles demandent d'ailleurs l'abolition de la loi sur le racolage qui criminalise celles-ci) mais dans l'exigence que la prostitution soit considérée comme une violence et non comme un "métier".
Toute la discussion va donc se porter sur les quelques femmes qui se prostitueraient "par choix". On peut, en effet, être surpris de voir des femmes choisir "librement" de pratiquer des dizaines de fellations par jour. Pourtant, le lobby pro-proxénétisme exerce actuellement un travail forcené à travers diverses associations pour faire croire à cette incongruité. Des femmes préféreraient cela au travail salarié et feraient donc ce choix raisonné. Certaines l'affirment publiquement, à la télévision, dans des films documentaires qui prennent le parti de les croire sur parole.

La relation sexuelle a quelque chose de particulier. Contrairement à d'autres types d'agressions où la gravité des séquelles physiques influencera la décision d'un tribunal, dans le cas du viol, même si la victime ne conserve aucune blessure physique, c'est sur un autre terrain que se portera le débat. L'intrusion non consentie dans le corps (le sexe) d'autrui est toujours considérée comme un crime. Les blessures psychologiques sont liées à ce que la sexualité est au cœur même de notre construction intime. On sait les suicides après de telles agressions. Le viol est maintenant considéré comme un crime, même commis par un mari. Ce qui le définit tient en un mot : le désir ou l'absence de désir et donc de consentement.C'est pourquoi l'on ne peut comparer l'action d'une femme qui assemble des pièces détachées en atelier et celle d'une femme qui loue son sexe ou sa bouche.

D'autre part, la prostitution fonctionne toujours selon une vision archaïque et clichée de la sexualité masculine qui serait impulsive, irrépressible, pulsionnelle contrairement à celle des femmes. En tant qu'homme, rien ne nous oblige à nous reconnaître dans cette description, et la majorité d'entre nous ne louera jamais le corps d'une femme prostituée au cours de sa vie. On peut même se déclarer en opposition totale avec ces clichés culturels tout en étant libertin. Cette vision de la sexualité féminine passive et sentimentale est évidemment remise en question aujourd'hui. Néanmoins, le débat sur la prostitution nous renvoie toujours à des arguments essentialistes très normatifs.
S'opposer aux idées pro-proxénétisme vous place dans le camp des puritains, des moralistes. On peut pourtant défendre une liberté sexuelle totale, comprenant le libertinage le plus complet, les pratiques sadomasochistes et autres encore, mais exiger que l'action se déroule uniquement entre adultes consentants. Serait-ce être moraliste ?

Ne pourrait-on exiger que cette totale liberté sexuelle se déroule uniquement en dehors de tractations financières, c'est-à-dire entre adultes consentants et désirants ? On connaît le rapport symbolique entre l'argent et le pouvoir. Bon nombre de clients prostitueurs ont différentes maîtresses mais prennent aussi plaisir à "payer pour ça". La transaction financière en est un bon symbole de pouvoir.

Bizarrement, on a toujours vu les conservateurs être les premiers à réclamer l'ouverture des bordels. Le mariage strict, l'hétérosexualité, la sexualité pudibonde à la maison mais les maisons closes pour se laisser aller. Un petit tour à confesse en passant et le tour est joué. L'hypocrisie est totale.
Autre argument, les femmes se prostitueraient dans le mariage. En faisant union avec un homme plus fortuné, bon nombre de femmes se prostitueraient, n'ayant pour leur conjoint plus de désir mais restant avec lui pour l'argent. L'argument est fallacieux car comment comparer la triste réalité du sexe triste, du couple qui ne se désire plus, à celle des femmes mettant dans leur corps le sexe de dizaines d'inconnus quotidiennement ?

Enfin, il est difficile de faire face aux témoignages de femmes prostituées défendant ouvertement ce qui les opprime. L'effet est bien connu des psychologues, il s'appelle le déni. Assumer une responsabilité dans sa propre exclusion est parfois plus facile à supporter que d'admettre que l'on est écrasé par un système social plus fort que nous. Une prostituée écrivait récemment : "Si je commence à me dire que mon unique fonction (…) consistait à être un dévidoir à foutre. Que mon outil de travail serait des sexes d'hommes mal nettoyés. Que j'allais passer mes après-midi à me frotter et à me nettoyer le cul comme une malade mentale avec un savon gynécologique antiseptique, (…) si un jour j'ai l'inconscience de regarder cette réalité et cette tristesse de ma vie, je sombre dans l'alcoolisme ou la dépression."

Nombreuses sont les femmes qui ont témoigné publiquement de leur "choix" avant de se rétracter tout aussi publiquement une fois qu'elles étaient sorties du milieu. "Comment avez-vous pu me croire ?", a dit Ulla, et bien d'autres à sa suite. Il y a deux ans, des personnes jadis prostituées ont réagi à la proposition d'ouvrir un centre légal de prostitution à Vancouver : "Nous croyons qu'aucun changement aux conditions et aux lieux dans lesquels nous avons été prostituées n'aurait pu réduire les torts [qui nous ont été causés] de manière significative. Et nous considérons au mieux comme une insulte de voir les torts que nous avons subis dans la prostitution normalisés en les rebaptisant 'travail'."

Mais alors, pourquoi tant d'associations, de militants, de cinéastes derrière la cause des proxénètes ? Car c'est bien eux qui récoltent les principaux bénéfices économiques.
J'y vois trois raisons principales : la mode, la déviance et l'argent.

La majorité des Français, y compris chez les Verts récemment, tombent dans le piège de ce qui peut sembler un "mieux" pour les personnes prostituées. Un centre contrôlé par les inspecteurs du travail et de l'hygiène plutôt que le bois de Boulogne. Cette idée semble progressiste et branchée. Ce choix relève évidemment d'une totale méconnaissance du sujet qui n'a jamais été un obstacle pour s'exprimer.

La deuxième raison pour s'afficher publiquement, voire cinématographiquement dans cette mouvance relève de l'argumentaire utile à justifier ses propres déviances sexuelles. On construit un discours politique qui masque des comportements que l'on ne pourrait expliquer autrement. Parfois même à ses propres yeux. A nouveau le déni.

Enfin, l'argent. Imaginons un instant que des personnes prennent la parole pour reprendre mot pour mot les arguments de l'industrie pharmaceutique ou des cigarettiers. Ne soupçonnerions-nous pas cette parole d'être remerciée par quelques émoluments ou petits cadeaux ? Pourquoi traiter différemment le lobby des proxénètes alors qu'il représente des intérêts financiers colossaux, avec des sociétés multinationales et parfois cotées en Bourse ?

Enfin et pour conclure, l'argument le plus révoltant du lobby pro-proxénétisme est celui des personnes handicapées. Peut-on les priver d'une vie sexuelle que seule une personne prostituée pourrait leur vendre ? Les pires intentions trouvent toujours une noble cause pour se justifier. Un jeune homme paraplégique a récemment offert la réponse lors d'un débat public dans un cinéma. Assis dans sa chaise qu'il actionne du menton, il a déclaré : "Quel que soit mon handicap, jamais je n'humilierai une femme pour mon plaisir."
Il s'agit bien de cela.

Patric Jean est cinéaste, auteur de "La Domination masculine".

Society for Cutting Up Men !!!

Bonjour à toutes,

Pour ma première participation aux ZAZ, je vous propose un texte controversé...

Il s'agit du SCUM Manifesto de Valérie Solanas (aïe aïe aïe !). Ce texte fit, bien sûr, scandale et Valérie Solanas n'est pas précisement un personnage dont le féminisme est fier (c'est elle qui a tiré sur Andy Warhol dans le but de l'assassiner et elle fut abonnée aux hopitaux psychiatriques).

Le texte est méchant, totalement méchant, mais qu'est-ce qu'il m'a fait rire ! J'en ai oublié que j'avais à faire à un texte écrit par une psychiatrisée et ai eu l'impression que c'était une pièce d'anthologie humoristique, une belle parodie de tous ces textes misogynes que nous avons pu lire, une parodie des théories de ce cher Freud, mais en version féminine !

Alors, je suis juste curieuse de savoir si vous n'y voyiez que le texte d'une féministe enragée, folle furieuse qui plus est, ou si comme moi vous n'avez pu réprimer un sourire devant ce cauchemar à masculiniste et trouver des perles glissées parmi cette parole de l'extrême.
Faut-il réhabiliter le SCUM manifesto ?

Pour télécharger le SCUM Manifesto : http://infokiosques.net/article.php3?id_article=4

Dans un autre ordre d'idée ci-dessous une chanson sur la théorie freudienne de l'angoisse de la castration...
Dites-nous les gars, avez-vous peur du con denté ?

mercredi 28 avril 2010

''Les femmes séduisent les hommes pour avoir des enfants'' (1/2)

...''nous sommes abasourdis par leur capacité à être si pacifiquement désunies.''

Entretien entre Claude Habib et Elizabeth Badinter, tiré de ''philosophie magazine'' no37 (mars 2010).
Contribution de Gabrielle

''Les femmes séduisent les hommes pour avoir des enfants'' (2/2)





L'échec du ''jouissons sans entrave'' !


Contribution de Tom

documentaire sur Judith Buttler




-> Il y a 6 parties...

Ce n'est pas du tout un bijoux artistique mais ca nous permet de connaitre un peu sa pensée.

Contribution de Mayra

The Moon Inside You


Un documentaire de Diana Fabianova
2009 - France/Espagne - 75 minutes - HDV

« Comme de nombreuses femmes, Diana souffre de règles douloureuses, tous les mois, depuis des années. Chaque nouveau cycle est l’occasion de se poser la même question : "Si je suis en bonne santé, comment expliquer la douleur et l’abattement ?"
Débute ainsi une quête opiniâtre, d’abord innocente et personnelle, puis émouvante et universelle aux racines mêmes de la féminité. À travers la remise en question d’un des plus anciens tabous de notre société judéo-chrétienne, "Moon Inside You" propose ainsi une déconstruction systématique et iconoclaste de la place de la femme dans nos sociétés, ou plutôt, de celle qu’on souhaite lui assigner.
Le film mélange des points de vue très divers : ceux d’universitaires reconnus dans les domaines de la biologie, sociologie, philosophie, histoire et anthropologie ; les croyances, traditions et mythologies ; enfin, les discours publicitaires et représentations cinématographiques, qui participent pour partie de notre inconscient collectif.
En miroir au questionnement de la réalisatrice, une jeune fille de 12 ans nous livre aussi ses pensées à travers un journal intime filmé. Sur le point d’avoir ses règles, Dominika nous confie ses angoisses et attentes concernant sa féminité en devenir.
L’approche, créative et volontiers humoristique, permet d’explorer les questions relatives à la condition féminine, de manière contemporaine, avec finesse et légèreté, sans rien omettre de leur complexité.»

Pour aller plus loin sur le documentaire:
Contribution de Mel.

mardi 27 avril 2010

La femme normale selon Freud

Et pour revoir ses classiques, une petite analyse de la femme selon Freud. C'est quand-même là-dessus que repose toute la psychanalyse.

L’homme représente aujourd'hui le positif et le neutre, c'est-à-dire le mâle et l’être humain, tandis que la femme est seulement le négatif, la femelle. Chaque fois qu’elle se conduit en être humain, on déclare donc qu’elle s’identifie au mâle...

La suite ici (3 pages)
fichier pdf: Le parcours de la femme normale.pdf

Contribution de C

La femme pouvant être mère, on a déduit ne devait être que ça...

Instinct maternel… Le Larousse définit l’instinct maternel comme la « tendance primordiale qui crée chez toute femme normale un désir de maternité et qui, une fois ce désir satisfait, incite la femme à veiller à la protection physique et morale des enfants. » Quant à l’instinct paternel, ça ne semble tout simplement pas exister.

Dans L’amour en plus, Elisabeth Badinter relate l’histoire de la mère dans la société française du XVIIe siècle à nos jours dans le but de remettre en cause l’une des idées reçues la plus intouchable encore aujourd’hui : l’instinct maternel comme essence de la femme. On reproche à la femme moderne d’aller contre-nature en refusant d’être mère, explique l’auteure, mais on omet de rappeler que toutes les époques ont eu leur lot de « mauvaises mères », négligentes ou égoïstes, et de femmes qui ont tout simplement refusé de l’être malgré la forte pression idéologique qu’elles subissaient.


Pour lire la suite de mon compte rendu (8 pages), allez ici:
fichier pdf: instinct maternel.pdf

Pour quelques clichés de plus

« Et quand chacune d’entre elles […] m’avait sans doute appris tout ce que je connaissais, quand marche après marche, elles m’avaient hissé à des paliers d’où l’on peut contempler le monde, je n’avais moi, pour ce que j’observais, guère eu davantage qu’une stupide énigme à leur offrir. J’avais toujours fini par comprendre ce qu’une femme cherchait ou désirait, et peut-être avais-je saisi leur nature profonde, mais je n’aurais pu en dire autant d’un homme. Elles avaient de quoi nous regarder avec des yeux ronds : la vérité était que nous étions le côté sombre de l’espèce humaine.[…] Il y avait toujours quelque chose qui m’échappait, chez moi ou chez n’importe quel type que j’examinais, quelque chose d’insaisissable que faute de pouvoir mieux l’appréhender j’associais à du vide.

Et dans ces conditions, je n’arrivais pas à nous cerner précisément, je butais sur l’élément masculin ou m’y engloutissais sans plus de résultat. Je lui devais de n’avoir jamais su le but profond que je poursuivais au juste. Je lui devais toutes les petites tracasseries qui en découlaient. Anna […] me répétait souvent que j’avais de la chance d’avoir une bite entre les jambes, car aussi le monde m’appartenait. Mais quel monde…? Qu’est-ce qui m’appartenait…? Où est-ce qu’elle avait vu ça…?? »

Contribution de C.

Les filles du Roy

Ce documentaire en couleur est réalisé et produit par Anne Claire Poirier.

«Les filles du Roy» est un film collage dans lequel se dessine, à travers une construction élaborée d'où ressortent huit personnages, l'histoire de la servitude des femmes au Québec. L'intrigue tourne autour de personnages tels que l'Indienne, la fille du Roy, la religieuse, la femme du colon et du soldat; puis s'attarde à la femme moderne, travailleuse et mère de famille, l'exploitation de ses qualités traditionnelles et sa dégradation jusqu'à la femme-objet.  
Pour les fainéants, quelques extraits disponibles : http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Films/246/Clips/1147/Default.aspx

Contribution de MC

Femmes du monde, un hommage ambigu...


Miss Maggy de Renaud
Une contribution de MC