« Et quand chacune d’entre elles […] m’avait sans doute appris tout ce que je connaissais, quand marche après marche, elles m’avaient hissé à des paliers d’où l’on peut contempler le monde, je n’avais moi, pour ce que j’observais, guère eu davantage qu’une stupide énigme à leur offrir. J’avais toujours fini par comprendre ce qu’une femme cherchait ou désirait, et peut-être avais-je saisi leur nature profonde, mais je n’aurais pu en dire autant d’un homme. Elles avaient de quoi nous regarder avec des yeux ronds : la vérité était que nous étions le côté sombre de l’espèce humaine.[…] Il y avait toujours quelque chose qui m’échappait, chez moi ou chez n’importe quel type que j’examinais, quelque chose d’insaisissable que faute de pouvoir mieux l’appréhender j’associais à du vide.
Et dans ces conditions, je n’arrivais pas à nous cerner précisément, je butais sur l’élément masculin ou m’y engloutissais sans plus de résultat. Je lui devais de n’avoir jamais su le but profond que je poursuivais au juste. Je lui devais toutes les petites tracasseries qui en découlaient. Anna […] me répétait souvent que j’avais de la chance d’avoir une bite entre les jambes, car aussi le monde m’appartenait. Mais quel monde…? Qu’est-ce qui m’appartenait…? Où est-ce qu’elle avait vu ça…?? »
Contribution de C.
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